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TOUT TERRIBLEMENT

29 mai-20:30 - 21:30

15€

BILLETTERIE


Apollinaire et Lou, une correspondance amoureuse

Adaptation et Mise en scène : Alain Berlioux

Avec : Alain Berlioux & Agathe Sanchez

Musique : Kaori Tsutsui
Piano : Yvan Amar – Clarinettes et flûtes : Asami Okabayashi


Le 1er août 1914, Apollinaire entend résonner le tocsin : la guerre est déclarée ! Le 27 septembre à Nice, il rencontre Louise de Coligny-Châtillon, dite Lou. Le soir même ils fument l’opium ensemble…

Leurs rencontres charnelles seront rares mais d’une intensité qu’ils n’ont encore jamais connue. Guillaume part pour le front et les amants jurent de s’aimer malgré tous les obstacles. Depuis les tranchées, pour combler l’ennui et calmer l’angoisse entre les assauts, Apollinaire lui envoie des lettres, des poèmes, des dessins, des calligrammes. Il demande en retour que Lou lui raconte « tout » ce qu’elle fait. Elle, « à l’arrière », soigne les blessés et mène sa vie de jeune femme libre. Il est « son Gui, son poète adoré », elle est « son Lou, son adorable jardinière ». Leur idylle fleurit pendant les rares permissions et au travers de cette correspondance, entre la boue des tranchées et la vie désespérément frivole qui tente d’oublier la guerre. On a là quelques unes des plus belles lettres d’amour jamais écrites, sur lesquelles plane l’ombre d’une mort possible à tout moment. Lou ne rivalise aucunement avec la poésie de Guillaume, mais sa liberté de plume, sa fraîcheur, sa vivacité et son audace érotique ravissent !

La poste en temps de guerre a ses aléas ! Chaque lettre semble donc en rupture ou en décalage avec la réponse qui la croise et la télescope. Cette mosaïque et cette fragmentation constituent paradoxalement le fil de leur passion, Pour raconter cette histoire il me suffisait donc de suivre le rythme des amants dans un montage presque cinématographique.

En plus des sentiments et du désir qui déborde, chacun de leurs échanges évoque une image de lanterne magique, ou dit simplement « un instant de la vie qui passe ». Un décor encombrant sur scène était donc superflu : laissons les amoureux à leur légèreté ! Le vide évoque bien sûr l’absence mais, au-delà d’un simple parti pris esthétique, la nudité du plateau permet l’épanouissement du texte.

Les corps sur scène fonctionnent comme des signes. Debout, côte à côte mais séparés, ils se manquent, dans leur lits solitaires. Dans des trains de hasard, Guillaume scrute la nuit, devine le Zeppelin menaçant, Lou se laisse désirer par des officiers anonymes…Les postures, la lumière, la musique, la voix des comédiens font naître des décors imaginaires en irriguant le rêve des spectateurs.

Pour ce qui est des poèmes, je pense toujours à Jean Genet qui écrivait : « Quant aux passages soi-disant poétiques, ils seront dits comme une évidence, comme lorsqu’un chauffeur de taxi parisien invente sur-le-champ une métaphore argotique… » J’aime qu’ils soient dits ainsi, sans joliesse. La musique, par les timbres choisis, (piano, flûtes japonaises et clarinettes…) vient cajoler ou bousculer cette union fragile en faisant encore vibrer la corde de l’éloignement : sans distance, sans absence, point de lettres d’amour ! Alain Berlioux

Alain Berlioux apprend son métier d’acteur chez Vera Gregh-Tania Balachova. Il dirige Claude Aufaure dans Esquisses Viennoises de Peter Altenberg au Poche-Montparnasse. Il joue avec Paul Crauchet dans Sa majesté de Vincenzo Cerami, dans El publico de Garcia Lorca sous la direction de Lavelli pour l’ouverture du Théâtre de la Col- line et dans Notre-Dame des fleurs qu’il adapte du roman de Jean Genet. Il travaille avec Robert Hossein, Romain Bouteille et Sotha au Café de la Gare. Il est Edmond de David Mamet et joue dans le Dialogue des courtisanes de Pierre Louÿs et dans Mais n’te promène donc pas toute nue de Georges Feydeau mis en scène par Tilly avec François Morel et Valérie Mairesse au Théâtre de la Porte Saint Martin. Il donne des cours de théâtre et met en scène Anatole d’Arthur Schnitzler, Les gens de Hemsö d’August Strindberg et Comme il pleut de Marlène Noël au Théâtre du Bourg-Neuf pour Avignon. Il dirige Arnaud Allain pour Avignon dans son seul-en-scène Pardon Catherine ! et la mise en espace de Made in China de Thierry Debroux au pôle culturel d’Alfortville. Il signe la mise en scène de Acte de Lars Noren pour la Mousson à Nancy. Il amorce un cycle de spectacles accompagné musicalement à partir de correspondances de grands auteurs, dont Les lettres à Nora de James Joyce et aujourd’hui les échanges épistolaires entre Guillaume Apollinaire et Lou.

Agathe SANCHEZ effectue sa formation aux Cours Florent et chez Claude Mathieu, mais découvre aussi la danse contemporaine, le modern’jazz et le flamenco avec entre autres professeurs, Johan Amselem, Vincent Ansart et Lori la Armenia. Au théâtre, elle joue très tôt sous la direction de Christophe Glockner dans Le Médecin Malgré lui au Théâtre des Variétés jusqu’en 2015 mais aussi en Espagne dans Hermana Clara, un monologue de Juan-Carlos Sanchez. En 2014, elle prête sa voix à plusieurs court-métrages dont SDF de Rémy de Vaucorbeille et El Ramo Azul de Clément Almy. On peut la voir dans la web série Omeri de Cédric Béchereau et Maxime Leblanc (en cours de diffusion). Fidèle de la Compagnie Le Grenier de Babouchka, dirigée par Jean Philippe Daguerre, elle est Zerbinette dans Les Fourberies de Scapin au Théâtre Saint Georges (Nominé aux Molière 2017) et Jacqueline dans Le Médecin Malgré lui au Théâtre du Ranelagh. Agathe a également co-écrit et joué dans Caffe Latte présenté au Festival d’Avignon en 2019.

Kaori TSUTSUI est japonaise. Elle débute le piano et la flûte à bec à l’âge de 4 ans, puis plus tard la clarinette où elle joue dans l’orchestre de son collège. Elle aborde la théorie et l’écriture musicale et rencontre son professeur de clarinette Kàlmàn Berkes. En 1994 Kaori sort son premier CD. Elle joue dans le Nicolaus Esterhazy Sinfonia à Budapest. Elle se produit au Japon, en Hongrie, aux États-Unis, en Grande-Bretagne, au Mexique, en France, en Italie, etc.

Elle acquiert une licence et un Master à l’Academia Musicae de Tokyo, puis vient à Paris compléter sa formation à la Schola Cantorum et à l’École Normale de Musique avant de travailler à l’IRCAM. En 1998, elle compose pour plusieurs entreprises japonaises (NHK international, Sony, Nintendo, TV-Tokyo, etc.) pour la publicité, des long métrages, des films d’animation et des jeux vidéos. Travail qu’elle continue d’effec- tuer encore aujourd’hui avec des entreprises japonaises à Paris. En 2003, elle fonde l’entreprise « Alphonte Music,Inc.» à Tokyo.

Yvan AMAR  : Après des études de piano, de philosophie, de littérature et de linguistique, financées en faisant du piano-bar et de l’accompagnement de cours de danse, c’est l’enseignement pendant quelques années dans les collèges et les lycées. Puis la radio: les radios libres d’abord, puis France Culture jusqu’en 2007 avec de nombreuses émissions thématiques littéraires parfois, musicales surtout : Un poco agitato, magazine quo- tidien de toutes les musiques, pendant de longues années. Ensuite, et encore maintenant, RFI et France Musique où il s’occupe de culture, de littérature francophones et de jazz: après la Danse des Mots, le Mot de l’Actualité, le Jazz club, les Grands Entretiens.

Avec un peu de musique publicitaire pour le beurre et les épinards, et toujours du piano-bar tout au long de sa vie.

Née à Tokyo, Japon, Asami OKABAYASHI a commencé son apprentissage musical à l’âge de 3 ans au piano et à 10 ans à la clarinette. Elle a étudié à l’Université de Théâtre et Musique Toho Gakuen à Tokyo et à l’École Normale de Musique de Paris – Alfred Cortot dans la classe de Guy Dangain.

Elle obtient le Diplôme Supérieur de Concertiste et la Certification de Musicien Professionnelle instrumentiste concertiste de France et devient stagiaire de l’Orchestre de Chambre Nouvelle Europe. Elle est lauréate du 2ème prix du Concours National de Clarinettes d’Amiens Cycle Supérieur en 2014 et Lauréate du 3ème Prix aux Concours international de Musique de Chambre de Beethoven à Lusławice en Pologne dans la catégorie Trio en 2015.

Depuis 2017, elle intègre le projet DÉMOS (Dispositif d’Éducation Musical et Orchestrale à vocation Sociale) à La Cité de la Musique / Philharmonie de Paris en tant qu’intervenante artistique.

Détails

Date:
29 mai
Heure :
20:30 - 21:30
Prix :
15€

Lieu

L’Accord Parfait
47 rue Ramey
Paris, 75018